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  • Sébastien

L'intérêt des blocs de puissance en Home-cinéma

Pour commencer, qu'est-ce qu'un bloc de puissance ?

Derrière ce charmant nom se cache en réalité un appareil extrêmement simple : un amplificateur bourré de... rien du tout (à part de la puissance bien entendu) ! Il vient s'installer entre vos enceintes et votre amplificateur/préamplificateur home-cinéma.


Voici le McIntosh MC302 délivrant 2x300 watts sous 2, 4 ou 8 ohms et vendu (en 2020) 9.999€


Vous venez peut-être de faire un bond en l'air en découvrant le prix du McIntosh et en regardant la photo de plus près, vous constaterez qu'il n'y a ni sélecteurs de sources, ni préamplificateur pour platines vinyle, ni même de réglage quelconque comme un simple équalisateur par exemple...

et c'est normal !


Je vous rassure tout de suite, il existe d'excellents blocs de puissance pour une somme bien moins élevée et fonctionnant très bien. Le Yamaha PX8, aux alentours de 700€ en est un parfait exemple.




Mais alors quel est l'intérêt de ces machines et quelles différences y-a-t-il avec un ampli home-cinéma classique ?


1. La valeur d'achat dédiée à l'amplification


La plupart des installations home-cinéma actuelles sont configurées en 5.1 - 7.1 - 9.1 et même plus dans certain cas (5.1 signifiant : 5 enceintes et 1 caisson de basse). Cela signifie que votre amplificateur principal doit fournir de la puissance à 6 enceintes au minimum. Il doit également décoder le son qu'il reçoit (stéréo, dolby, dts, etc.) et répartir correctement le bon son sur la bonne enceinte. C'est ainsi que vous obtenez la sensation de spatialisation du son. Si un avion surgit derrière vous, le son de l'avion passera d'abord dans les enceintes de derrière puis dans celles du plafond et enfin dans les enceintes de façade. Votre ampli doit également traiter le son via son DSP (Processeur numérique) et éventuellement le convertir (grâce au DAC, Digital Audio Converter) s'il reçoit un flux audio digitalisé.


Pour un amplificateur home-cinéma, le prix de vente est donc réparti entre :

  • L'amplification de chaque canal

  • Le DAC

  • Le DSP

  • Les préamplis (pour avoir le choix entre différentes sources, HDMI, Radio, vinyle, CD, etc.)

  • L'alimentation électrique et le refroidissement

  • L'ergonomie (façade, boutons, écran LCD, etc.)


Prenons l'exemple d'un ampli home-cinéma de 7x100 watts d'une valeur de 1000€. L'environnement électronique représente au moins la moitié du prix de vente, soit 500€. La somme restante, allouée à l'amplification est encore à diviser par le nombre de canaux disponibles. Notre ampli propose du 7x100 watts, chaque canal aura donc un amplificateur de 100w d'une valeur réelle de 500€/7 soit environ 70€ par canal d'enceinte !


Vous imaginez bien que la qualité de son d'un ampli à 70€ n'est pas comparable avec celle d'un ampli à 400€ !



Pour info, beaucoup de blocs de puissance sont mono et donc prévus pour alimenter une unique enceinte.






2. Délester votre amplificateur principal


Un amplificateur home-cinéma aura de toute évidence et quelle que soit sa gamme, beaucoup de mal à délivrer de la puissance sur toutes les enceintes en même temps. A chaque fois qu'il dépassera sa limite, le son sera détérioré et le rendu global deviendra "mou".


Les colonnes frontales sont généralement vos enceintes les plus puissantes et les plus gourmandes car très souvent sollicitées (le son des films vient quand même plus souvent de devant que de derrière). En ajoutant un bloc de puissance qui s'en occupera, vous soulagerez considérablement votre amplificateur principal. Un peu comme si vous enleviez la remorque d'un camion de transport. Si votre caisson de basse n'est pas actif (amplifié) il sera également très judicieux de lui attribuer un bloc de puissance dédié.


Résultat :

  • Vos colonnes pourront enfin s'exprimer !!

  • Votre amplificateur principal ne sera plus à bout de souffle

  • Votre caisson de basse aura un vrai rendement et comme on dit dans le jargon "de la patate"


3. Le facteur d'amortissement


L'amplificateur envoie du courant dans le haut-parleur. Celui-ci est composé (entre autres) d'une membrane, d'une bobine et d'un aimant. Tout ce petit monde va permettre à la membrane de bouger d'avant en arrière en fonction du signal reçu de l'ampli. Il vous suffit de regarder ou de toucher délicatement un haut-parleur en fonctionnement pour sentir le déplacement.


Plus le haut-parleur est capable de produire des basses fréquences, plus son inertie mécanique sera importante. En gros, si la membrane devait s'avancer d'un centimètre seulement, le poids du haut-parleur va prolonger son excursion de quelques millimètres.


Cette distance supplémentaire parcourue, change le son en l'allongeant et ralentit la vitesse de retour du Haut-parleur ce qui occasionne une perte de précision et surtout de "punch". C'est la grande différence entre un rendu Hi-Fi/Home-cinéma et un rendu sonorisation.


Et manque de chance, ce n'est pas le plus gros problème !


Quand la membrane revient à sa position neutre, le déplacement de la bobine génère un courant électrique qui repart dans l'amplificateur.


Le facteur d’amortissement est la capacité de l'ampli à encaisser ce retour de courant ET à contrôler le déplacement de la membrane des haut-parleurs.


Bien entendu vous l'aurez compris, les blocs de puissance à l'instar des amplis de sonorisation, ont un bien meilleur facteur d'amortissement que les amplificateurs home-cinéma tout-en-un.


J’espère que cet article vous aura plu et peut être même appris des choses. Nous vous en proposons un nouveau tous les 15 jours, pour ne rien manquer, inscrivez-vous en cliquant sur le bouton "Connexion/Inscription" et n'hésitez pas à nous proposer des sujets qui vous intéressent en laissant un commentaire juste en dessous. 😉


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